

En 1976, le psychiatre Aaron Beck, l’un des fondateurs des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), a observé que les personnes dépressives ont souvent une manière trop négative de voir les choses. Elles présentent des biais cognitifs : des habitudes de pensée automatiques qui déforment la réalité sans qu’on s’en rende compte. Dans la dépression, ces biais se traduisent par une tendance à ne remarquer que le négatif, à minimiser le positif et à imaginer le pire.
Une personne en bonne santé mentale a plutôt un biais de positivité : elle voit le bon côté des choses reste optimiste et a tendance à « voir le verre à moitié plein ».
À l’inverse, une personne dépressive présente un biais de négativité : elle perçoit surtout les aspects sombres, comme si elle « voyait le verre à moitié vide ».
Face à une même difficulté et dans les mêmes conditions, la première personne pensera : « Je vais y arriver », tandis que la seconde se dira : « C’est impossible, je n’y arriverai jamais ».
C’est comme si la dépression faisait porter des lunettes qui assombrissent tout et donnent à la vie une teinte plus triste et décourageante.
C’est la trilogie de Beck : une vision négative de soi, du monde et du futur.
Dans la dépression, les biais cognitifs concernent souvent la mémoire. Les personnes dépressives ont tendance à se souvenir très facilement de leurs échecs personnels, alors que leurs souvenirs positifs leur sont beaucoup moins accessibles.
Cependant, ces souvenirs négatifs sont souvent peu précis. On parle de déficit de spécificité mnésique, c’est-à-dire une difficulté à se rappeler un événement unique et détaillé du passé.
Au lieu d’un souvenir précis, comme : « Ce jour-là, j’ai eu une discussion difficile avec mon supérieur pendant la réunion d’équipe », la personne dira plutôt : « Les réunions se passent toujours mal pour moi ».
Ce manque de précision dans les souvenirs est à la fois un signe caractéristique et et un élément qui augmente le risque de dépression.
La rumination, c’est le fait de repenser sans arrêt à ses problèmes ou à ses émotions négatives, à leurs causes ou à leurs conséquences, sans passer à l’action ni trouver de solution.
Autrement dit, la personne reste bloquée sur ce qui ne va pas, en se demandant : « Pourquoi je me sens comme ça ? », « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? », « Pourquoi je n’arrive pas à aller mieux ? » au lieu de chercher comment aller mieux.
Dit autrement, la rumination consiste à tourner en rond dans ses pensées, toujours autour des mêmes sujets qui font souffrir, sans avancer.
Ce mécanisme entretient et aggrave la dépression : il augmente la tristesse, renforce le sentiment d’impuissance (l’impression de ne rien pouvoir y faire) et diminue la motivation à agir (réduit l’envie de faire les choses).
Dans la dépression, le plus difficile n’est pas de sortir de l’épisode dépressif, mais d’éviter qu’il revienne.
Les personnes atteintes de dépression peuvent ressentir :
Ces manifestations varient d’une personne à l’autre, et leur intensité peut aller de légère à très forte.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on parle de dépression quand une personne ressent une tristesse profonde ou une perte d’intérêt pour ce qu’elle aimait faire, et ce, la plupart du temps et presque chaque jour.
À cela s’ajoutent souvent d’autres signes :
La dépression est un état durable. Elle affecte la vie de tous les jours, les relations avec les proches et les activités habituelles.
La dépression est une maladie courante et qui se soigne, dont les causes sont multiples : biologiques (par exemple des déséquilibres chimiques dans le cerveau), psychologiques (comme certaines façons de penser ou vécus personnels) et environnementales (comme le stress, l’isolement, ou des événements de vie difficiles).
Une prise en charge adaptée permet le plus souvent une nette amélioration.
La prise en charge peut combiner une psychothérapie, comme une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), et, dans certains cas, un traitement médicamenteux (avec des antidépresseurs).


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